C'est qui...D ? (1) (Liège Belgique)
Contes et légendes
Lundi, 18 Août 2008 04:54

 Il  faut savoir que toutes les histoires signées PAPILI nous arrivent de la Belgique. L'auteur manie la plume et les mots merveilleusement bien. Si vous aimez la lecture, ces textes  sont intéressants et d'une beauté remarquable. Voici l'histoire de: c'est qui...D. 

courette

La porte d'entrée en facade est ouverte et je sors dans la cour.

Cette courette est séparée de la rue par une barrière métallique à claire voie.  Elle est bordée de part et d'autre d'un minuscule parterre de fleurs.

Je me demande bien l'utilité de fermer cette barrière et cela m'intrigue. Serait-ce vraiment pour éviter les courants d'air comme je l'entends répéter ? C'est pas fort logique.

Il fait un temps maussade diront certains mais j'aime ce temps. Il fait gris, sans vent et il pluvine.  De fines goutelettes s'accrochent aux feuilles en tombant, s'amassent en coulées transparentes qui provoquent un effet de loupe.

Appuyé contre la barrière, je la tire en arrière pour l'ouvrir et gagne le trottoir. Humant l'air humide, je me décide à tourner à gauche pour arpenter le dallage le long des maisons voisines...

Flânant à petits pas, je vois défiler en alternance les haies de legustrom et les murets qui bordent la chaussée.  Ca et là, des fenêtres éclairées dans ce clair-obscur de la nuit naissante renseignent sur la présence des habitants.

Des bruits de vaisselle et de couverts confirment l'approche du moment que j'attends... La rue est remplie des voitures parquant pour la nuit.  Il fait désert...

chat

J'ai bien vu un petit chat blanc s'enfoncer dans un jardinet sous le vert feuillage d'un rhododendron mais rien qui n'ait vraiment pu retenir mon attention.

Du vague à l'âme plein les yeux, j'attends...  Même les odeurs agréables s'échappant des habitations, effluves appétissantes m'arrivant en cohortes disparates ne peuvent me dérider !

Résigné, je fais les cents pas, revenant invariablement vers cette porte close d'où elle devrait bientôt émerger. C'est qu'on se connaît depuis... mais depuis quand !  Des mois certainement...

Me rappelle bien notre première rencontre mais dire quand ?  J'ai oublié. C'est d'ailleurs sans importance...

Ce dont je suis sûr, c'est que son charme m'avait immédiatement séduit : c'était un petit bout d'choux comme on dit... qui trottinait sérieusement et l'innocence de ses yeux bruns m'avait conquis.  Oui, elle était bien jolie, tout en blanc, étincelante sous le soleil. Ah...ma bonne Mère !  Elle était plus que jolie, elle était mieux que belle...

Elle avait ce petit  "je ne sais quoi ?" qui vous la rend si attachante, qui vous donne envie de la croquer,  qui vous tourne le coeur et vous fait voir la vie en rose...

L'ennui, c'est qu'elle était accompagnée.  Elle marchait à côté d'un homme, un baraqué qui montrait avec fierté qu'elle lui appartenait.  Quel goujat, ce mec !

Bon ! M'étais-je dit...  Je ne vais quand même pas l'aborder dans ces conditions; prudence instinctive dictée par notre sagesse innée. Ce n'est pas que j'avais peur, certes non... mais cette proximité étrangère n'était pas faite pour favoriser le partage de confidences, c'est sûr.

Le lendemain ou le surlendemain plus tôt, elle était de sortie mais seule... Hasard favorable ou bénédiction des dieux ?  Je pencherais pour la seconde proposition.

Loin des craintes imaginatives, mais le coeur un peu battant tout de même, j'ai osé lui parler : waf, ouaf ?
Que sa voix était prenante et ses propos délicieux tandis que nous faisions la conversation...J'appris d'elle et sur sur elle tant de choses...

Et nous avions tant de choses en commun ! Ainsi nous avions un Maitre, nous avions aussi une maitresse à propos de laquelle nos opinions divergeaient.

Elle préférait sa maîtresse, moi je préférais mon maître : affaire de comportement. Nous étions bien d'accord sur ce point.

Un autre désaccord sans importance fondamental portait sur la table... C'est pas qu'elle rouspètait, non !  Mais je trouvais qu'elle aurait pu. Il y avait des restrictions sur la mangeaille...et elle mettait ça sur le
compte de sa ligne.

M'enfin !  N'importe quoi pour disculper l'avarice de son maitre, non ? J'ai pas raison ? Une chose qui faillit m'étrangler, c'est quand elle me traita de grand noir... Je n'ai trouvé qu'à lancer "cela ressemble à du racisme" et je lui vis la larme à l'oeil.

Combien j'avais mal interprèté son propos !
Car elle aimait bien les grands noirs, ouf...que j'étais soulagé.

A voir mes yeux embrumés, elle me fit alors une bise à la chinoise. Ce fut notre première rencontre.

 --------
 As-tu déjà un peu deviné ? 

A suivre....

Auteur: Papili
 

 
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