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Il parcourait les mers, vagabondant au gré des courants, porté par la houle.... Paresseusement, il dérivait sur la surface vert émeraude du Grand bleu et le soleil jouait sur sa peau comme sur l'armure d'un preux Chevalier parti en Croisade.
Tour à tour, les poissons volants le frôlaient de leurs nageoires scintillantes, éclaboussant d'écume immaculée l'étrave de son museau, tel le fuselage racé d'un Concorde, en retombant autour de lui dans un plouf sonore. Tu le regardais, pensive, de la proue du yacht bleu et blanc qui te portait vers Marseilles et tu comparais son élégance aux voiles de coton écru qui, déployées, t'enveloppaient de leur ombre protectrice... Des mouettes et des goélands se disputaient quelques poissons et leurs arabesques dans ce ciel sans nuage te faisait penser à des anges sillonnant le Ciel. Va-t-en savoir pourquoi !
Mais c'était le dauphin..."ce" dauphin qui ramenait en finale sur lui ton regard... Quand il décidait de pousser une pointe de vitesse pour se maintenir à hauteur de toi et qu'il bondissait hors de l'eau pour mieux y replonger. Il dégageait une sensation de force tranquille qu'il te semblait que rien n'aurait pu l'entraver. Qu'il était beau, ce dauphin ! Et surtout : qu'il avait l'air heureux, en paix avec lui, en harmonie avec la nature dont il appréciait, à coup sûr, toutes les composantes. Il s'y intégrait si joliment que l'eau bruissante autour de lui semblait n'être plus qu'un écrin fait pour rehausser sa prestance, écrin de soie mouvante dans lequel il trouvait son plaisir. Mais toi aussi, telle la Petite Sirène juchée sur son rocher, tu faisais partie de ce monde... de "son" monde si joli, tellement délicat et précieux qu'il touchait à la perfection. Alors tu partis d'un fou rire sonore et plantureux : tu venais de comprendre sinon de ressentir combien belle est toute la création et combien c'est "merveille" d'en faire partie, à l'instar de ce joli dauphin, "ton" dauphin qui semblait si bien te conduire vers le port, le port de ta destination pour laquelle tu avais pris le départ naguère. Cette joie impromptue, intérieure et secrète, agit sur ton être comme un baume enchanteur... Ton doux visage, de fermé, s'ouvrit alors... et décocha à la vie un tendre sourire qui lui rendit son éclat. Dieu ! Que tu es jolie, quand, ainsi, tu rayonnes... dit le dauphin qui t'observait du coin de l'oeil. Conserve toujours en ton coeur un peu de mon souvenir, cela t'aidera. Et il disparut comme il était venu... Bonne journée jolie Petite Sirène... Auteur: Papili |
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